Parole d'Adrien Michel,
photographe géométrique

Parole de photographe, c’est un entretien privilégié avec un photographe professionnel au savoir-faire affirmé. L’occasion de découvrir le parcours, le quotidien et les réalisations d’un photographe inspirant.

Pour ce trente-quatrième Parole de Photographe, nous vous proposons de découvrir l’univers d’Adrien Michel, photographe pluridisciplinaire aux multiples talents où la géométrie occupe une place essentielle.

Son parcours

Bonjour Adrien, bienvenue dans cet exercice de style qu’est devenue l’interview de nos membres. La recette ne change pas, commençons par ta présentation.

Bonjour Pierre-Louis, je suis Adrien Michel, ou Madri, situé à Strasbourg en Alsace. Je suis photographe d’architecture, d’entreprises, de mariages ainsi que d’art 😊. Mon entreprise est une Eurl.

Tout cela augure du meilleur. Des activités annexes ou des passions, en passant ?

Mes loisirs principaux sont … la photo (ah ouais ?), le ski, la plongée, les voyages et le cinéma.

En route vers le plat de résistance ! Peux-tu nous en dire plus sur ton entrée dans le monde de la photographie ?

Je pratique la photographie depuis environ 14 ans, je suis devenu professionnel il y a 9 ans car mon métier d’alors me donnait des boules au ventre tous les matins et que mes photos commençaient à me rapporter un peu d’argent sans que je fasse de communication.

J’ai mis environ 1 an à me décider. Mais j’avais besoin d’air, de prendre mes propres décisions. Et puis d’essayer. Je sentais que c’était le moment ou jamais et que je le regretterais si je ne le faisais pas.

De ce que je comprends, la photographie n’est pas ton premier métier. Quel parcours professionnel avais-tu suivi jusque-là ?

Au départ j’ai suivi des études d’ingénieur en électronique (classe préparatoire à Nancy puis école d’ingénieur à Paris). Rien à voir avec la photo mais mon cerveau est cartésien. Depuis que je suis photographe pro j’ai suivi des workshops avec divers grands photographes tels que Jean-Christophe Béchet ou Eric-René Penoy, toujours dans le but de me sortir de mes habitudes.

J’ai eu la grande chance d’être ambassadeur pour la marque Hasselblad de 2015 à 2018, ce qui a donné des ailes à mon entreprise et aux contrats auxquels j’ai eu accès. Ils ont cru en moi alors que j’étais tout jeune dans la profession (société créée en 2013), ils ont été un support formidable, des gens adorables et j’ai essayé d’être tout du long à la hauteur de leurs ambitions.

Grâce à eux j’ai pu mettre sur pied en 2018 mon premier voyage à Tchernobyl, autre grand moment de ma vie.

Incroyable ! J’imagine le soutien qu’une telle marque a pu t’apporter, ils ont eu raison de croire en toi au vu des portfolios que tu présentes.

D’ailleurs, tu es depuis peu ambassadeur de Label Photographie en reportage d’entreprise. Quelles ont été tes motivations pour endosser ce rôle, et que représente-t-il pour toi ?

J’aime beaucoup les valeurs de ce projet, car il y en a plusieurs que je défends moi-même. En particulier l’envie de voir ma profession s’améliorer en permanence. J’apprécie également énormément ne pas être pris pour un pigeon contrairement à beaucoup d’autres plateformes qui voient en nous une simple manne financière.

Étant déjà membre de la FFPMI de ma région, je trouve que regrouper, unir et défendre les photographes est indispensable.

Son style

Parlons un peu plus de tes images à présent. Quelle démarche suis-tu dans la réalisation de tes photos ? As-tu développé un style en particulier ?

Je suis un photographe géométrique. J’aime que les lignes qui composent mes photos soient logiques et guident le regard du spectateur. En architecture forcément, mais également dans mes autres disciplines telles que la photo d’entreprise.

De ce fait le minimalisme me parle aussi énormément, une image lisible, au propos direct, n’est pas forcément une image simpliste. Par exemple vous ne me verrez pas souvent faire des images penchées par simple envie d’être créatif. Pencher une image créer rapidement un sentiment de malaise au spectateur. Il me faut donc une bonne raison pour ça.

Quand l’humain est présent, mon but est de lui donner tout sa place en l’entourant d’un décor qui lui répond, qui le sublime pour ensuite venir chercher les meilleures expressions.

Ses anecdotes

Il est l’heure d’aborder tes anecdotes !  A travers les différents projets que tu as réalisés, aurais-tu une anecdote marquante à nous partager ?

J’ai deux souvenirs qui n’ont rien à voir. Le premier c’était après un reportage d’entreprise pour une société de paysagisme à grande échelle (renaturation, redressage de berges, etc.). Reportage compliqué car les employés avaient peur de pas être sous le meilleur jour (travail de la terre, tenues sales). Le patron, ravi des portraits de ses employés, m’a fait faire des tirages exposés lors des portes ouvertes puis sur les murs des locaux. Quelques mois après tout cela il m’a envoyé un mail pour me remercier encore une fois, car le boost moral sur l’équipe a été formidable. Ils se trouvaient beaux. C’est surement le plus beau compliment que j’ai eu à ce jour.

Le second c’est quand j’ai été exposé à Arles pendant le festival en 2018. Mes parents sont venus me rendre visite le soir du vernissage, surprise. Je ne suis pas certain qu’avant ce jour, ils me considéraient vraiment comme photographe. Mais la fierté qu’ils m’ont exprimée ce soir là m’a ému.

De beaux moments de vie assurément : le sentiment d’apporter quelque chose de bénéfique aux autres à travers ses photos est indescriptible. Dans la même logique, aurais-tu une image particulièrement marquante à présenter ici ?

Je pense que c’est la photo de cette grotte. Je l’appelle le Puits des Fous. Quelque part sur la planète, cet endroit entièrement fait d’ardoise et abritant une nappe phréatique est devenu une casse automobile. A la fois superbe et effrayant.

L’aventure pour y arriver (dont le mur de 20m à faire en rappel) a été à la hauteur de la technique photographique nécessaire : choix du moment exact pour avoir le rayon de lumière, cadrage dans le noir absolu, 6 minutes et 30 secondes de pose à f/8 et 800 iso.

Au final, cette photo me marque car elle semble irréelle.  

Ses projets

Nous arrivons déjà à la fin de ce trente-quatrième « Parole de Photographe ». L’occasion de nous parler de tes projets dans les mois à venir !

J’ai bien sûr ma saison de mariages qui est en cours, et quelques beaux projets de nuit dont je ne peux rien dire pour le moment. Et bien entendu du travail pour diverses entreprises et architectes de ma région ou d’ailleurs.

Mais je commence surtout à planifier un voyage au Kazakhstan pour une série personnelle en pleine steppe. Ne voulant pas risquer de jouer de malchance, je ne vais pas trop en dire 😉

Un dernier mot ?

Parallélépipède. Il est beau ce mot. Aussi géométrique que ce qu’il représente.

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