Parole d'Alison Bounce, photographe underwater

Parole de photographe, c’est un entretien privilégié avec un photographe professionnel au savoir-faire affirmé. L’occasion de découvrir le parcours, le quotidien et les réalisations d’un photographe inspirant.

Pour ce quinzième Parole de Photographe, nous avons le plaisir de recevoir Alison Bounce, photographe underwater précurseure de la discipline en France.

Son parcours

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Bonjour Alison, bienvenue et merci beaucoup d’avoir accepté cet entretien ! Avant de plonger dans le vif du sujet et de découvrir la pratique de la photographie underwater à tes côtés, pourrais-tu te présenter ?

Bonjour Pierre-Louis ! Je suis Alison, petite ardéchoise nomade dans l’âme, passionnée d’océan devenue Photographe professionnelle totalement par hasard. Exilée tout récemment en région PACA, à Hyères !

Quel parcours as-tu suivi pour devenir photographe professionnelle ? As-tu connu d’autres expériences professionnelles avant la photographie ?

Avant j’étais pompier, mais ça c’était avant. J’ai découvert la photographie en 2011 et suis devenue full time photographer en 2014 grâce au succès de mon blog voyage. Je me suis rapidement spécialisée dans le reportage photo. Plus particulièrement en mariage !

J’adore travailler en mode “mission”. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer. Ma soif d’adrénaline me pousse à toujours attendre les scènes les plus cocasses. Je n’ai pas de cursus photo à proprement parler. J’ai toutefois eu la chance de participer au workshop d’Erika et Lanny Mann en 2017 au Kenya. Une révélation sur mon « pourquoi » et mon « qui suis-je ? ».

En parallèle depuis 2015, je suis devenue photographe underwater. J’ai développé la prise de vue sociale sous l’eau suite à un voyage aux Philippines. Depuis, je ne me passe plus de mon caisson, il me suit partout. Un vrai plaisir de pouvoir photographier sur terre comme sous l’eau.

Dernière question avant de nous focaliser sur cette pratique peu commune et vraiment fascinante : es-tu investie dans des associations ou des fédérations œuvrant pour les photographes professionnels ?

Absolument ! La première étant la FFPMI. C’est important pour moi de croire en mon métier. Et qui plus est, pouvoir le défendre. La partie rencontre et échange m’est essentielle. Je ne conçois pas mon travail sans l’Humain. A mon sens, la FFPMI est très riche et nous ne sommes pas encore suffisamment nombreux à y adhérer.

Plus largement, je suis également présente sur de nombreuses plateformes photo françaises et internationales. J’adore échanger avec les communautés. Certaines proposent aussi des concours auxquels je participe régulièrement pour me challenger moi-même.

La photographie underwater

L’underwater est une discipline de niche, peu pratiquée en France, surtout dans le cadre de shootings pour les particuliers. Comment et quand as-tu découvert cette discipline ? Comment t’es tu formée, et quel potentiel as-tu perçu pour ton offre de photographe ?

A vrai dire, jamais je n’aurais parié sur mon parcours actuel. Lorsque l’envie m’a prise d’acheter mon caisson, personne en France ne pratiquait ce type d’images. J’ai eu d’ailleurs beaucoup de mal à trouver des informations ne serait-ce que sur la légalité et la sécurité de cette pratique. Techniquement parlant, j’ai fait le choix de tout développer par moi même. Pareil pour la partie commerciale, j’ai testé et j’ai ajusté mon offre en fonction.

Comment devient-on photographe aquatique ? Quelle formation, quel matériel, voire quelles aptitudes sont nécessaires à la maîtrise de cette discipline selon toi ?

Avant tout il faut être courageux ! Ce n’est pas une discipline facile. Elle requiert de nombreuses compétences comme une bonne condition physique, une excellente aisance aquatique et d’importants moyens techniques. Il faut être conscient de cela. Autre particularité, c’est une activité à risque. Il y a énormément de sécurité à mettre en place, on ne n’improvise pas photographe aquatique comme cela. En ce qui me concerne, il m’a fallu un an de tests sans relâche pour pouvoir proposer quelque chose commercialement solide.

Aujourd’hui il existe une dizaine d’offres de workshops underwater en France et Europe. Je recommande aux photographes curieux et désireux d’apprendre le portrait underwater de passer par la formation. Déjà par gain de temps. Mais surtout pour éviter les mauvais réflexes. Les formations proposées sur le marché sont très bien construites et adaptées, souvent dispensées par des photographe expérimentés. Autant apprendre et adopter directement une bonne pratique.

Dans la même ligne, bien s’équiper est primordiale. En ce qui me concerne je préfère immerger mon matériel terrestre dans un caisson étanche robuste en résine plutôt qu’une pochette plastique low-cost. Les meilleurs pour donner des conseils sont la boutique Photo Denfert à Paris.

Dans quels environnements pratiques-tu la photographie underwater ?

J’ai débuté par la piscine pour rapidement m’éclater en eaux libres. Actuellement je réalise 50% de mes prestations en piscines et l’autre moitié en mer. Mon offre s’affine chaque année. J’acquière de nouvelles compétences, je repousses mes limites et continue à parfaire mon expérience clientèle. Bien que le milieu naturel me plaise énormément pour son coté rapport à la nature, la piscine est tout de même un outil indispensable dans mon approche créative.

Quelle a été la première photographie aquatique que tu as réalisée ? Qu’as-tu ressenti lors de sa prise et de son développement ?

Une photo en piscine municipale avec Amélie. Amélie qui avait déjà été l’une de mes premières futures mamans lifestyle. C’était chouette de vivre ce moment avec elle. Je me rappelle encore le stress lors de notre première immersion. Il s’est cependant rapidement évaporé lorsque le spectacle a débuté. Les mouvements et la grâce d’Amélie m’ont envoutés. J’ai su à ce moment que j’avais fait le bon choix en investissant toutes mes économies dans mon caisson.

Comment as-tu communiqué sur ton offre de photographe underwater à ses débuts, afin d’estimer la demande client ?

Le soir même de ce premier test, j’ai posté une photo sur Facebook sans rien attendre. Le lendemain j’avais plusieurs demandes de renseignements. J’ai donc continué mes tests et ai sondé mes prospects pour connaître leurs budgets sur ce type d’expérience. Ce fut d’une grande aide pour créer ma première offre. Ensuite il y a eu les amis photographes, de secteurs différents qui m’ont également apporté leur point de vue. A présent, ma communication est surtout par bouche à oreille.

Aujourd’hui, quels sont tes clients principaux, et pour quels types de demandes ?

Des particuliers et des professionnels. Le portrait aquatique pour les futures mamans reste ma plus forte activité. Que ce soit en piscine ou en mer. Aujourd’hui les particuliers recherchent avant tout une expérience. Cela dépasse la séance photo classique. Pour eux, c’est un peu l’activité de l’année !

Ensuite pour les pros, comme toujours ils souhaitent se démarquer tout en valorisant leurs produits. L’underwater est un vrai plus. En revanche, le niveau d’exigence est plus élevé. Pas le droit à l’erreur.

Le développement de ton activité autour de l’underwater a-t-il eu un impact sur le reste de tes activités photographiques, au niveau de ton regard, de ton approche, de tes envies ?

Effectivement. Tout d’abord une réduction d’activité avec le souhait de devenir spécialiste. Ensuite l’underwater est en total opposition de mon approche documentaire mariage. Ici je contrôle tout, le posing, lighting et même styling. Alors qu’en mariage, je n’interfère nullement.

Au-delà des demandes clients, as-tu travaillé sur des projets plus personnels, comme des séries artistiques, autour de cette discipline ?

En octobre dernier, j’ai eu le plaisir d’exposer mes images. Une rétrospective depuis 2016 sur mon travail autour de la femme : La Femme, dans tous ses états. Ces cinq dernières années, l’aquatique m’a mené vers de belles rencontres. J’ai travaillé autour de la maladie comme la fibromyalgie et le cancer du sein mais également avec la danse et le sport. J’ai donc poussé mes prises de vues et j’ai sélectionné un extrait de chaque moment de vie d’une femme. Ce fût mon WATERLUST.

Quels photographes underwater nous conseilles-tu de découvrir en complément de ton travail ?

Pour la France : Aline Escalon, qui mêle l’artistique et reconnexion à l’élément de l’eau. Sylvain Bes qui par l’apnée crée des images magnifiques. A l’étranger, Ilse Moore et le travail incroyable de Ed Freeman. Il a réalisé une série de nus tel Da Vinci.

Ses projets

Tu vas bientôt publier le livre « Les secrets du portrait underwater » aux éditions Eyrolles : c’est une consécration ! Comment te sont venus l’idée et le besoin de réaliser ce livre ?

C’est un projet qui a débuté le jour où j’ai reçu mon premier caisson étanche. Très peu d’informations étaient diffusées sur la toile. Quelques photographes seulement en activité. J’ai donc commencé à remplir rapidement un carnet de notes en fonction de mon auto-apprentissage. Le livre est une évidence. La rencontre très rapide avec mon éditrice Hélène, les copines me bottant les fesses pour me pousser et arrêter de me poser la fameuse question de la légitimité. 

Je dirais que c’est cinq années de ma vie que j’ai posées dans ce bouquin. Des images capturées entre 2015 et 2020 pour plus d’une année de rédaction et mise en forme. Un sacré exercice !

Quels sont tes futurs projets, et tes souhaits pour l’avenir de la photographie underwater ?

De tout cœur j’aimerais que l’activité soit davantage connue. Et à la fois qu’elle soit protégée. Que chacun ait conscience que l’on ne s’improvise pas photographe underwater. Évitons les accidents pour continuer à en prendre plein les mirettes avec ces belles photographies sans gravité. Par dessus tout, ce serait chouette que la communauté underwater reste bienveillante. Que l’on évite les concours d’égo et la compétition de soif de reconnaissance. Échangeons et partageons pour avancer un peu plus ensemble. Nous somme si peu nombreux.

Pour la partie projet, le livre est déjà ÉNORME ! Un second sur la formation est né il y a quelques semaines. J’ai décidé de proposer des formations One-to-One sur mesure aux photographes souhaitant découvrir mon univers et peut être se lancer aussi dans cette aventure. Ce sont des formations sur mesure. Aujourd’hui je peux affirmer avoir touché un peu à tout sous l’eau. Je peux donc initier à la fois sur du basique aquatique avec la sécurité, l’apnée, le yoga, le matériel, le posing, la retouche et la lumière naturelle. Et aussi sur la mise en lumière artificielle, la prise de vue de nuit et créative, le milieu naturel, la création de décors ect.

Un dernier mot ?

Merci beaucoup !

Où trouver Alison Bounce ?

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