Parole de Giuliano Ottaviani, de la retouche à la photo

Parole de photographe, c’est un entretien privilégié avec un photographe professionnel au savoir-faire affirmé. L’occasion de découvrir le parcours, le quotidien et les réalisations d’un photographe inspirant.

Pour ce vingt-huitième Parole de Photographe, nous recevons Giuliano Ottaviani, photographe professionnel corporate tout droit issu du monde de la retouche photo.

Son parcours

Bonjour Giuliano, un grand merci de te rendre disponible pour répondre à mes questions. Ce vingt-huitième Parole de Photographe s’annonce rempli de superbes réalisations. Avant toute chose, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour Pierre-Louis, je m’appelle Giuliano (pour les curieux, ça se prononce Juliàno) , j’ai 37 ans, et je suis d’origine 100% italienne. J’ai grandi à Rome – à côté du Colisée – mais je suis arrivé en France en 2008, ce qui fait de moi désormais un apatride.

Je suis photographe auteur spécialisé dans trois domaines : l’hôtellerie/restauration, le reportage architectural et le portrait.

Parce que la vie d’un photographe ne se limite pas (toujours) à la photographie, pratiques-tu d’autres activités en parallèle ?

Quand je ne pratique pas « le métier » j’adore prendre soin de ma petite famille de Bonsaïs, me balader en forêt pour capturer des photos d’arbres, découvrir des nouvelles radios, cuisiner pour mes proches et dépenser beaucoup d’argent dans la musique et dans les jeux de société.

Passons aux choses sérieuses ! Quand et comment es-tu rentré dans la photographie ?

Je ne suis pas sûr de pouvoir trouver une réponse rapide à cette question. J’ai commencé à réaliser quelques books de comédiens quand j’étais encore à Rome. À l’époque j’étais technicien lumière pour le secteur des spectacles vivants et je cherchais un système pour mettre un peu plus d’argent de côté. La photo m’a vite conquis par ses côtés créatif et énergétique. Arrivé à Paris, j’ai suivi une formation continue photo à l’Ecole des Gobelins mais – grâce à mon profil un peu Geek – je me suis retrouvé rapidement dans le monde de la retouche et de la post-production pour pouvoir payer le loyer.

Pendant quatre ans ma vie s’est ainsi partagée : pendant la semaine je travaillais comme retoucheur et opérateur numérique pour des sociétés spécialisées en production photo. Durant mes week-ends je continuais à réaliser des books et des portraits (ou tout simplement à me balader dans Paris avec mon trépied photo et mon petit reflex). Le temps passait et, malgré le fait que tout se passait bien et que je réussissais bien dans le domaine de la retouche, je sentais que je n’étais pas satisfait de ce parcours.

Du coup, quel événement a déclenché ta professionnalisation en photographie ?

Le tournant est arrivé au début de 2014. À l’époque j’étais responsable du service retouche d’une agence photographique – Abaca Corporate – spécialisée majoritairement dans la déco, le Lifestyle et le reportage d’entreprise. Mes collègues de l’agence – que je remercie encore aujourd’hui- avaient bien compris que j’avais envie d’abandonner le monde de la post-production et de me consacrer complètement à la prise de vue. C’est comme ça que j’ai été présenté à deux photographes expérimentés dans le domaine de la déco qui avaient régulièrement besoin d’assistants.

J’ai passé quasiment deux ans sur des shootings d’hôtels de luxe et sur des grandes productions déco/lifestyle. Je suis tombé rapidement et profondément amoureux de ce monde fait de petits détails, de grandes attentions et surtout d’amour pour l’harmonie. En avril 2015 j’ai reçu ma première commande – un reportage architectural d’intérieurs – et à partir de ce moment-là j’ai entrepris officiellement ma carrière de photographe.

Son style

J’ai l’impression de suivre une vraie success story ! Ton évolution prouve bien l’importance du relationnel entre professionnels. Venant du monde de la retouche, ta relation à l’image est-elle influencée lorsqu’il s’agit de réaliser des prises de vue ?

Effectivement : je viens du monde de la retouche, un parcours qui m’a fortement influencé. Quand je cherche mon cadrage ou quand je place ma lumière, je le fais toujours en fonction du potentiel de l’image finalisée plutôt que du coup de cœur. Ce n’est pas une règle absolue bien-sûr, mais une vraie tendance qui reste valable quand je photographie une boutique, une façade, une chambre d’hôtel ou un cocktail. Mes images sont souvent réfléchies de A à Z et respectent profondément ma vision esthétique.

Concernant le portrait et les scènes de vie je garde en revanche un coté plus instinctif qui est nécessaire pour créer une relation avec mes sujets. Le grand photographe Richard Avedon disait « Un portrait photographique est une image d’une personne qui sait qu’on la photographie, et les conclusions qu’elle en tire font partie de la photographie finale, tout autant que ce qu’elle porte ou l’allure qu’elle a ». C’est pour ça que j’approche mes sujets avec l’instinct ; pour qu’ils soient en permanence en relation avec moi et pour qu’ils aient le moins de temps possible pour réfléchir à l’image d’eux qu’ils souhaitent dégager

Ses anecdotes

Ta démarche de photographe apparait comme très complète et très réfléchie. Au cours de tes nombreuses expériences, as-tu un souvenir particulier à nous partager ?

Une de mes premières missions, effectuée durant l’été 2015 pour Art Tribune, un magazine italien spécialisé dans les beaux-arts. C’était une commande de reportage pour raconter le 5ème anniversaire d’un espace muséal unique au monde, le MAAM. Il s’agit d’un musée méconnu situé dans la banlieue de Rome et installé dans une ancienne usine de charcuterie désaffectée. Le musée partage ses espaces d’exposition avec une communauté composée par des anciens sans-abri et des familles d’immigrés irréguliers.

L’idée initiale du directeur Giorgio de Finis était d’assurer la survie de la communauté préexistante, constamment menacée d’éviction, grâce à la création d’un espace muséal fusionné avec les espaces de vie commune. Le projet a progressivement attiré des peintres, des sculpteurs et des street-artists provenant du monde entier et est aujourd’hui un espace richissime dédié à l’art contemporain.

Pour illustrer la vie de cet espace et les festivités liées à ce 5ème anniversaire j’ai passé 3 jours sur place avec les journalistes, l’équipe et la communauté du MAAM. J’ai vu à l’œuvre plus de 20 artistes en train de donner vie à des performances ou de transformer le peu de murs encore disponibles et j’ai passé mes journées à écouter des airs d’opéra, des dj-set de tout genre et surtout plein d’histoires racontées par les accents les plus divers du globe. Si je regarde ces images aujourd’hui j’en rigole un peu avec honte, mais ce fut une immersion unique ! Pour les curieux qui préparent un voyage à Rome et qui souhaitent découvrir ce cadre atypique, le musée est ouvert tous les samedi de 10.30h à 17.00h et il se trouve au 913 via Prenestina (pas de site web, pas de téléphone juste une page facebook )

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Le genre d’endroit que j’ajoute à ma liste des lieux à ne pas rater quand je me rendrai à Rome. Dans la même logique, as-tu une photo particulièrement marquante de ta carrière à nous partager ?

Je ne pourrais jamais choisir une photo clé pour l’ensemble de ma carrière (je suis trop critique vis-à-vis de mon travail) mais je pourrais surement trouver une photo de ma carrière qui a symbolisé un tournant. Il s’agit d’une composition de plusieurs desserts photographiée en 2018. À l’époque je travaillais principalement dans l’illustration d’intérieurs et dans le portrait. Je suis un grand passionné de cuisine mais je voyais la photo culinaire comme un domaine de haute spécialisation réservé à un club de talentueux élus dont je ne faisais pas partie. J’avais illustré plusieurs cartes de restaurant mais c’était des photos rapides faites à l’arrache et qui servaient souvent de complément à mes reportages architecturaux.

Et là – coup de chance – je me retrouve dans un shoot organisé par un chef consultant pour illustrer une très belle carte de restaurant gastronomique, Le Château Bourgogne de Dijon.  Ce fut un shooting très drôle. Les recettes étaient magnifiquement composées, l’équipe se sentait très impliquée et la cuisine nous fournissait plein d’ingrédients pour accompagner l’illustration des images. La photo que je vous montre explique – à mon sens – l’atmosphère festive de ce shooting. Pour moi ce fut un shooting très important car il me fit découvrir un véritable amour pour la photo culinaire qui aujourd’hui est source d’inspiration pour beaucoup de mes projets photographiques personnels .

Ses projets

Nous arrivons déjà à la fin de ce vingt-huitième « Parole de Photographe ». L’occasion de nous parler de tes projets dans les mois à venir !

Du coté purement photographique je suis en train de travailler sur deux séries. La première est un travail d’illustration qui va se concentrer sur le savoir-faire d’une copine Tourière avec un parcours d’excellence. C’est une série qui va relier le domaine du portrait et celui de la photo culinaire. Le travail de préparation et de recherche pour ce shoot a demandé quasiment un mois et les images vont être destinées à des concours, j’ai vraiment hâte de shooter. Pour la deuxième série pour l’instant je ne me prononce pas car le travail se trouve encore dans la phase de préparation.

Dans ma vie privée je suis à la recherche d’un voyage découverte pour m’échapper de la grande capitale, nourrir mon côté plus nature et trouver des belles forêts à photographier (mais je pense que cela n’est rien d’original vue la période difficile que nous vivons en ce moment)

Un dernier mot ?

Merci à ceux qui ont eu le courage d’arriver à la fin de cette interview ! Merci à toi et à Benoît pour m’avoir dédié cet espace et surtout pour avoir créé Label Photographie, ce beau projet ambitieux que vous menez avec beaucoup de passion. Keep it up !

Où trouver Giuliano Ottaviani ?

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